Catégorie : Histoire

COVID-19 – Informations pratiques pour les touristes

Posted By : July/ 2430 0

ⓘ Informations mises à jour

(Mise à jour le 21 juillet 2021)

Messages du ministère du Tourisme :

☛ Liens utiles

⁇ Questions fréquemment posées


1. Le port du masque est-il obligatoire ?

Le port du masque n’est pas obligatoire dans les lieux publics ouverts.

Toutes les personnes sont tenues de porter un masque de protection à usage unique ou multiple dans les lieux publics tels que les transports publics, les pharmacies et les établissements médicaux. 

Les mesures de désinfection et de respect de la distanciation physique sont préservées.

2. Je prévois de visiter la Bulgarie en été. Puis-je séjourner dans un hôtel ou un camping ?

Tous les établissements en exploitation peuvent désormais recevoir des visiteurs conformément aux directives émises par le ministère du Tourisme pour l’exploitation des établissements d’hébergement et des établissements de restauration et de divertissement dans les conditions de danger d’infection au COVID-19 en Bulgarie. 

Les établissements d’hébergement sont prêts pour un fonctionnement normal et ont pris les mesures anti-épidémiques nécessaires du Ministère de la Santé pour fonctionner dans les conditions de COVID-19.


Un plan individuel de fonctionnement est requis pour chaque établissement conformément aux recommandations et directives des autorités de santé publique nationales et régionales pour limiter l’infection à Coronavirus.


Tous les établissements d’hébergement fonctionnent dans le strict respect des exigences, qui incluent des mesures spécifiques pour protéger la santé des touristes avec une hygiène élevée.

3. Les transports en commun fonctionnent-ils ? Existe-t-il des règles d’utilisation des transports en commun (métro, bus, trolleybus, taxis) que je dois connaître ?

Oui, les transports publics fonctionnent normalement, sans limite de capacité des véhicules et/ou des trains, mais le port des équipements de protection individuelle est obligatoire.

L’utilisation de masques est obligatoire lors des déplacements en taxi, bus, train et autres transports publics.

4. Y a-t-il des restrictions sur les déplacements à travers le pays, à pied ou en voiture ?

Il n’y a aucune restriction sur les déplacements à l’intérieur du pays. 

Les règles de distanciation sociale et l’utilisation d’un masque de protection doivent être respectées là où cela est indiqué. 

Le port du masque de protection est obligatoire dans les lieux publics fermés.

5. Les restaurants et bars sont-ils ouverts?

Oui. Les restaurants et bars sont ouverts (espaces intérieurs et extérieurs), suivant plusieurs règles d’hygiène et de distanciation sociale. 

Les tables sont disposées de manière à créer une distance de sécurité (1,5m) entre les clients. 

Les équipements de protection individuelle (masques, casques et gants de sécurité) sont obligatoires pour le personnel uniquement.

6. Puis-je visiter des musées ou d’autres attractions touristiques?

Oui, les attractions touristiques telles que les monuments culturels, les musées, les zoos, les aquariums et autres attractions touristiques sont ouvertes aux visiteurs car les règles de distanciation sociale doivent être respectées et des masques de protection doivent être portés.

7. Existe-t-il des règles pour rassembler des personnes en un seul endroit dans des espaces publics fermés ?

Oui, selon la taille de l’espace, différents lieux, comme les bibliothèques, les magasins et les supermarchés, ne permettent à chaque fois qu’un petit nombre de personnes d’entrer. 

Dans les pharmacies, les établissements de santé et les transports publics, des masques de protection doivent être portés.

Les mesures déclarées pourront être mises à jour en fonction de l’évolution et de la propagation du COVID-19.

8. Y aura-t-il des événements culturels en Bulgarie cette année?

Les concerts et événements culturels doivent être organisés dans des zones ouvertes et/ou couvertes à capacité réduite afin d’assurer une distance de sécurité entre les spectateurs. 

L’utilisation de masques de protection et de désinfectants est recommandée.

9. Puis-je aller à la plage?

Oui, c’est autorisé. Les sports de plein air individuels ainsi que la baignade en mer sont autorisés.

Il est recommandé aux personnes de garder la distance et de suivre les règles de sécurité.

La distance entre les parapluies est une distance de 2 m requise.

10. Puis-je visiter une salle de sport et un spa?

L’utilisation des centres balnéologiques (SPA médical), SPA et bien-être, ainsi que les visites de piscines, y compris les piscines d’eau minérale, sont autorisées, mais dans le strict respect des exigences d’hygiène et de la distance entre les visiteurs.

Lors de l’utilisation des centres de fitness, la distance physique entre les personnes faisant du sport doit être garantie.

11. Les centres commerciaux sont-ils ouverts?

Les centres commerciaux et les établissements de vente au détail sont ouverts.

Il est recommandé aux visiteurs de garder la distance et de suivre les règles de sécurité.

Il est conseillé aux utilisateurs et au personnel d’utiliser des masques de protection et des désinfectants.

Lors de l’utilisation d’ascenseurs, au cas où il n’y aurait pas d’autre alternative, l’ascenseur est utilisé avec une capacité réduite.

Les clients doivent garder une distance de 1,5 m entre eux.

Selon une déclaration du Conseil mondial du voyage et du tourisme (WTTC), la Bulgarie fait partie des destinations touristiques avec un timbre de sécurité et d’hygiène.

Le tampon Safe Travels permet de différencier les  destinations avec des normes améliorées pour voyager en toute sécurité.

▶ Vidéos utiles

Votre été 2021 en toute sécurité

Bulgarie – Une destination de cachet de sécurité

Timbre SafeTravels – le premier timbre au monde pour les protocoles normalisés mondiaux de santé et d’hygiène mondiales

 

The first snow fell in Bulgaria

Posted By : July/ 1480 0

First snow in Bulgaria

The first snow of the season fell in Bulgaria.

This morning, Malyovitsa peak in Rila turned white after the first snow fell, Meteo Balkans reported. It is also snowing on the high peaks of Pirin. Snow cover on high peaks over 2300 meters above sea level is around 2-3 cm.

Malyovitsa peak in Rila

In the next few days over the mountains the daily temperatures will drop and the maximum at an altitude of 1200 meters will be about 14 °, at 2000 meters – about 7 °.

On the Black Sea coast the clouds will be variable and in places there will be short-term rain, in some areas accompanied by thunder. A light to moderate west-northwest wind will blow. Maximum air temperatures between 23 ° and 26 °. The temperature of the sea water is 23-24 °.

Best ski resorts in Bulgaria

Do you want to ski in Bulgaria?

Check out our articles on the best ski resorts in Bulgaria.

Book online for your ski vacation in Bulgaria – accommodation in hotels in Bansko, Borovets, Pamporovo, Chepelare, Panichishte.

Best Ski resorts in Bulgaria

Due to its mountainous reliefs, located in the Balkan peninsula between the Balkan massif, the Rhodope massif, the Pirin massif and the Rila mountain, Bulgaria will seduce you with the beauty and the diversity of its ecological heritage and by the variety of activities offered.

Especially in winter, with the large ski areas in Bulgaria among the cheapest in Europe.

Find the best accommodation deals for your winter sports holiday in Bulgaria

Find the best accommodation deals for your winter sports holidays in Bulgaria and enjoy!

Treat yourself to hours of skiing fun with family or friends on the slopes.

Booking.com

Take advantage of the Bulgarian ski slopes and some of the lowest prices in Europe for your winter vacation.

The whole Ma Bulgarie team wishes you a good stay in Bulgaria!

 

Séjours à la Carte

Posted By : July/ 1578 0

Découvrez ici des suggestions de séjours pour découvrir la Bulgarie.

Quelques idées qui raviront à coup sûr toute la famille ou les amis, les petits comme les plus âgés.

Séjour culturel à Plovdiv

Découvrez Plovdiv pour un séjour culturel en Bulgarie.

Située au cœur des terres antiques desThraces dans la vallée de la Thrace supérieure, Plovdiv est la seconde ville du pays après Sofia et l’une des plus anciennes villes du monde antérieure même à Rome ou Athènes.

Plovdiv a été promue capitale européenne de la culture en 2019.

Booking.com


Voyage de rêve à Sofia

Vous souhaitez visiter Sofia la capitale de la Bulgarie.

Découvrez cette magnifique ville et admirez la richesse de son patrimoine culturel et historique en visitant de nombreux lieux incontournables.

Notamment la sublime cathédrale Alexander Nevsky, symbole de la ville ainsi que l’Eglise de la Rotonde Saint Georges, le plus ancien bâtiment de Sofia…

Et visitez également le Musée National d’Histoire pour y admirer les plus vieux trésors en or jamais découverts de la mystérieuse civilisation des Thraces.

La civilisation des Thraces, une des plus anciennes civilisations au monde, a laissé en héritage d’inestimables trésors et monuments disséminés dans toute la Bulgarie.

Booking.com


Sports d’hiver à Bansko

Envie de sports d’hiver en Bulgarie – découvrez Bansko, une station de ski en vogue au coeur du Massif du Pirin.

Vous pourrez profiter de cette charmante ville et des joies de la glisse sans vous ruiner.

Booking.com


Séjour détente à Rila

Venez vous ressourcer au cœur de la montagne Rila.

Découvrez la beauté des Sept Lacs de Rila et admirez le fameux Monastère de Rila.

Un séjour qui allie bien-être et culture.

Au cœur du parc national protégé du Pirin, les Sept Lacs de Rila vous émerveilleront par leur beauté.

Baignades et randonnées vous attendent dans un cadre de rêve.

Rejoignez ensuite par un sentier pédestre au coeur de la Montagne Rila l’un des plus beau monastère du pays – le Monastère de Rila et passez un séjour à la fois culturel et proche de la nature dans un lieu empli de calme et de sérénité.

Booking.com


Nessebar et la Mer Noire

Découvrez le charme de Nessebar au bord de la Mer Noire, la plus ancienne ville d’Europe.

Admirez la richesse de son patrimoine écologique, culturel et historique en parcourant le Vieux-Nessebar et profitez de nombreuses activités le long de la sublime côte de la Mer Noire.

Booking.com


Pleven sur la Route des Vins

Venez en Bulgarie pour un séjour dégustation en suivant la Route des Vins et découvrez un des grands produits du terroir bulgare.

La Bulgarie bénéficie en effet d’un climat méditerranéen lui permettant de produire des vins de grande qualité.

Visitez notamment le Musée du Vin de Pleven situé dans une cave enfouie dans une grotte naturelle dans le parc Kaylaka de Pleven.

Vous pourrez déguster dans les caves de la région des Vins Bulgares provenant de différents cépages.

Et attendant d’être sur place, découvrez notre sélection de vins bulgares dans la boutique en ligne.

Booking.com

En espérant que ces indications non exhaustives d’idées de séjours en Bulgarie vous aient donné envie de visiter ce magnifique pays qu’est la Bulgarie et de revenir de votre séjour avec des souvenirs inoubliables.

Et voici notre sélection de guides de référence, à la fois pratique et culturel, pour vous aider à organiser votre séjour en Bulgarie.

Toute l’équipe de Ma Bulgarie vous souhaite un très bon voyage en Bulgarie !

 

Sofia sous la neige

Posted By : July/ 2085 0

Avec l’arrivée de l’Hiver et des premiers flocons, la capitale de Sofia révèle davantage sa beauté grâce à la pureté de la neige blanche.

La ville est en Noir et Blanc, l’Hiver efface les rues.

Il y a le silence, les flocons de neige tombent doucement et le vent souffle dans les branches qui plient légèrement sous le poids de la neige.

Voici quelques photos pour capturer la beauté de la ville de Sofia en Hiver et garder en mémoire le blanc et le pur pour toujours.

Laissez vous envoûter par le charme de la capitale de Bulgarie en Hiver et réservez votre hébergement à Sofia : Séjours et week-ends pas cher.

Booking.com

Bulgarie – L’un des plus beaux pays

Posted By : July/ 2261 0

Avec ses paysages verdoyants, ses montagnes sauvages, ses plages idylliques mais aussi ses villages pittoresques et ses monuments, la Bulgarie est incroyablement photogénique.

Certains endroits en Bulgarie sont trop beaux pour sembler réels.

Voici 30 photos qui prouvent à quel point ce pays encore peu connu est magnifique et irrésistible.

Vous allez forcement tomber amoureux de la Bulgarie !

Roches de Belogradchik

Eglise de Zhrebchevo

Kavarna

Mont Botev

Sept Lacs de Rila

Vallée des Roses

Pont du Diable

Baie de Bolata

Rila

Shipka

Roches Mushroom

Rhodopes

Lac Pchelina

Cap Kaliakra

Grotte Eyes of God

Cascade de Krushuna

Pirin

Roches de Belogradchik

Sept Lacs de Rila

Pirin

Lac Tevno

Grotte Devetashka

Tyulenovo

Balkan

Forteresse de Belogradchik

Mont Vihren

Shipka

Cap Kaliakra

Lac The Eye

L’Arche de Tyulenovo

Couleurs d’Automne en Bulgarie

Posted By : July/ 1258 0

L’automne annonce l’arrivée de l’Hiver et nous ravit de ses couleurs chaudes…

Les couleurs de l’automne offrent un fabuleux spectacle quand les feuilles des arbres passent du vert à l’or.

Ce changement de couleurs automnal est un vrai miracle de la nature.

Les couleurs s’enflamment et avec elles, la nature.

Cela nous donne envie de profiter de cette saison magique par de longues ballades dans les forêts de Bulgarie.

Pour peu que le soleil soit de la partie, alors, c’est un réel bonheur.

Rivière Arda

Lac de Boyana

Pyramides de Melnik

Vitosha

Cascades de Koprenski

© Diana Angelova

Monastère de Glozhene

Village Zgorigrad, Vratsa

Tsarevets

© Anton_Ivanov / Shutterstock

Plovdiv

© Nataliya Nazarova / Shutterstock

Pont du Diable

Automne calme

© Petar Paunchev / Shutterstock

Méandre au lever du soleil

Vitosha

Lipnik – Teketo, Roussé

© Roberto Sorin / Shutterstock

Pirin

Cascade Skaklya

Chapelle de l’Ascension, Borovo

© Flaviya / Shutterstpcl

Pyramides de Melnik

Rivière Toundzha

Parc, Varna

© Rogatnykh / Shutterstock

Vitosha

Rhodopes

Vitosha

Strandzha 

Forteresse d’Asen

Sanctuaire de Belintash, Rhodopes

© Flaviya / Shutterstock

Musée National d’Histoire

Posted By : July/ 2379 0

La Bulgarie moderne se passionne pour un passé lointain, celui des Thraces dont ses citoyens se sentent les héritiers.

Trésors Thraces de Panagyurishte – Musée historique de Sofia

Les trésors Thraces de Bulgarie

L’antique civilisation des Thraces est l’une des plus anciennes au monde et a laissé en héritage d’inestimables trésors et monuments disséminés dans toute la Bulgarie.

Couronne d’or de 210 feuilles de chêne – Trésors Thraces

Le peuple Thrace occupait d’ailleurs une grande place dans le monde antique.

A l’époque classique, dès le 6ème siècle avant J.-C., les Grecs relevaient souvent les influences thraces sur leur mythologie, leur religion, leurs arts, en particulier la musique.

Orphée et les Thraces

Aujourd’hui, le grand public a rencontré les Thraces grâce à la fabuleuse exposition de bijoux, de vases et d’armes d’or qui a parcouru plusieurs pays.

Le Musée national d’Histoire de Sofia

Le Musée national d’histoire de Bulgarie est situé dans le quartier de Bojana à Sofia.

C’est le plus grand musée de Bulgarie.

Il a été inauguré en 1973 et connut sa première grande exposition en 1984, au cours de laquelle furent présentés 1300 ans de l’histoire de la Bulgarie.

De monuments funéraires en passant par des objets rituels, des bijoux en or…

Vous pourrez découvrir lors de votre séjour à Sofia l’exceptionnelle richesse de cette mystérieuse et encore méconnue civilisation des Thraces au sein du musée national d’histoire.

Sur le plan des activités culturelles et sociales, visiter et admirer les exceptionnelles collections de ce musée est une excellente idée si vous séjourner dans la capitale.

Le musée comprend notamment une collection d’objets en or datant des Thraces, trouvés dans la région de Panagjurište, ainsi que des objets en argent thraces trouvés a Rogozen.

On y trouve également des bijoux de l’âge de Bronze.

Principale ville des Balkans depuis l’antiquité, Sofia – capitale de Bulgarie – fait en effet preuve d’un patrimoine historique, culturel et artistique riche et varié dont vous pourrez admirer les trésors à la valeur inestimable rassemblés notamment au sein du musée d’Histoire de la ville.

Trésor de Sboryanovo – Musée historique de Sofia

Mais vous pourrez aussi admirer les collections du musée archéologique, ethnographique et du musée des sciences naturelles qui sont situés en plein centre-ville de Sofia, près de la place de l’Assemblée Nationale où se trouvent également le Parlement, la Présidence et le siège de la Banque Nationale.

Il faut de nouveau souligner que le musée national d’histoire de Sofia est le plus grand musée en Bulgarie.

Rhyton en or – Musée historique de Sofia

Il fut créé en 1973 avec pour objectif de conserver le meilleur du patrimoine bulgare de la préhistoire à nos jours.

Ses fonds abritent une collection exceptionnelle de plus de 650 000 objets, retraçant le développement social, culturel, historique et politique de la Bulgarie. 

Kvartal Bojana – Musée historique de Sofia

Les expositions sont reparties en 11 salles, que vous pourrez visiter par ordre thématique et chronologique.

Préhistoire, Période thraco-romaine, Moyen Age bulgare, Période de domination ottomane, Troisième Royaume bulgare, Folklore bulgare, Apollonia Pontica, Monnaies.

Deux salles étant réservées à des expositions temporaires.

Trésors Thraces de Borovo – Musée historique de Sofia

La capitale de Sofia et sa région sont donc une destination incontournable en Bulgarie pour découvrir la richesse et la variété du patrimoine historique et culturel bulgare que vous voyagiez seul, en couple, en famille ou entre amis.

Bonne visite !

Accès

Horaires 

Eté (avril – octobre) : 09h30 – 18h00
Hiver (novembre – mars) : 09h00 – 17h30

Prix 

Adulte 10 leva
Adulte avec enfants au delà de 7 ans : 3 leva + 1 lev
Etudiants : 1 lev

Billet combiné comprenant la visite de l’Eglise de Boyana : 12 leva

Droit de prendre des photos : 10 leva

Booking.com

Histoire Bulgare

Posted By : July/ 3663 0

(Source : Le Courrier de l’UNESCO)

LA BULGARIE, les racines d’un pays moderne par Magdalina Stantcheva (maître de recherche, spécialiste d’archéologie médiévale et chef des fouilles au musée d’Histoire de la ville de Sofia).

La Bulgarie – 13 siècles d’histoire et de culture

La devise gravée sur les armoiries de Sofia, capitale de la Bulgarie “Elle grandit mais ne vieillit pas” pourrait fort bien résumer l’histoire de cet Etat moderne et dynamique qui célèbre cette année le 1300ème anniversaire de sa fondation par le khan Asparouch en 681.

Entre le 5ème et le 9ème siècles, époque du grand brassage des peuples dont les migrations d’est en ouest et du nord au sud remodelaient l’Europe (ainsi que l’Asie et l’Afrique du Nord) pour lui donner les traits ethniques, linguistiques et culturels qu’elle conserve encore, les riches territoires qui s’étendent du Danube à la mer Égée et de la mer Noire à l’Adriatique subirent d’étonnantes transformations.

Carte de la Bulgarie – Atlas de 1843

C’étaient autrefois ceux de la Thrace et de l’Illyrie ; ils avaient été provinces romaines et s’arrachaient alors à l’empire “romain” d’Orient, dit byzantin, désormais Byzance, ennemie ou alliée, ne les gouvernerait plus guère que par son influence culturelle.

Après diverses invasions, le pays avait accueilli de nouveaux habitants – des Slaves arrivés par vagues successives de plus en plus nombreuses, auxquelles se joignirent des guerriers d’une autre origine, venus des plaines du Dniepr et de la Volga et que l’on nomme les Protobulgares.

C’est à la fusion de ces deux peuples que la Bulgarie doit pour une grande part sa personnalité, sa culture.

Les seconds lui ont donné son nom, les premiers lui ont donné sa langue.

Mais si attachée qu’elle soit à ces moments décisifs de son histoire, de même qu’à chaque phase, souvent dramatique, du développement de cette culture, la Bulgarie moderne se passionne également pour un passé plus lointain, celui des Thraces, par exemple, dont ses citoyens se sentent aussi les héritiers.

Guerrier Thrace

Sur ce territoire restreint (110 911 km2) s’inscrit ainsi une histoire pluri-millénaire qui a laissé partout son empreinte.

La richesse et la variété du patrimoine bulgare (plus de 31 000 monuments de toutes les époques sont classés et protégés) et n’ont d’égal que la ferveur attentive avec laquelle ses héritiers font cohabiter l’ancien et le moderne.

Ici l’histoire fait partie de la vie contemporaine et la préhistoire semble elle-même plus qu’ailleurs présente et familière.

Les premiers agriculteurs de ce pays, il y a quelque 8000 ans, ont laissé de multiples vestiges du plus haut intérêt.

Monticules formés par l’accumulation des habitats successifs, les tells témoignent de la permanence des établissements humains – la plupart des villes bulgares sont bâties sur plusieurs étages de ruines et de dépôts archéologiques.

De ces tells, l’un des plus réputés attire constamment les chercheurs dans la province méridionale de Nova Zagora près du village de Karanovo.

Haut de 12 mètres, sa couche la plus profonde appartient au néolithique le plus ancien, soit au sixième millénaire, alors que son sommet date de l’âge du fer.

Coupe verticale – site de Nova Zagora près du village de Karanovo

La coupe verticale pratiquée par les archéologues montre comment, sans interruption, les générations s’y sont succédéés, de siècle en siècle.

Pour la science un tel site est évidemment d’une très grande richesse.

Les matériaux de Karanovo, outils, armes, ustensiles de toute sorte, garnissent les salles de plusieurs musées.

Site archéologique – Bulgarie

Plus tard, au début de l’âge du bronze, et, en l’occurrence, à l’aube de la civilisation européenne, des hommes ont légué à la postérité un autre site prestigieux – la nécropole chalcolithique de Varna, sur le littoral de la Mer Noire.

Les archéologues y ont mis au jour un grand nombre de tombeaux de la fin du 4ème millénaire avant J.-C., qui ont livrés des centaines d’objets en or, allant des perles minuscules à des bracelets qui pèsent de 200 à 300 grammes.

Cette trouvaille est d’autant plus passionnante que deux des tombeaux contenaient des sceptres d’or symboles de pouvoir légitime, signes manifestes d’une tradition déjà établie.

Tombe de la nécropole de Varna

Il n’est pas douteux que l’organisation sociale de cette partie de l’Europe du sud-est avait atteint un degré de complexité inhabituel à une si haute époque.

Cette énigme s’explique probablement par les gisements de cuivre exploités alors dans cette région et qui ont dû donner lieu à des échanges assez intenses avec plusieurs pays de l’Asie toute proche.

Le commerce serait donc à la base de la prospérité de ces mineurs qui enfouissaient tant de merveilles d’or, avec leurs morts et dans lesquels les savants s’accordent aujourd’hui à reconnaître les ancêtres des Thraces.

Tête en bronze de Seuthès III – Musée Archéologique de Sofia

Ce peuple, le plus ancien dont on connaisse le nom dans le sud-est de l’Europe, a laissé de nombreux vestiges de sa langue (qui appartenait au même rameau indoeuropéen que le latin et le grec) dans des inscriptions et dans des noms de lieux, de montagnes ou de rivières.

Il occupait d’ailleurs une grande place dans la littérature de ses proches voisins – à l’époque classique, dès le 6ème siècle avant J.-C., les Grecs relevaient souvent les influences thraces sur leur mythologie, leur religion, leurs arts, en particulier la musique.

Aujourd’hui, le grand public a rencontré les Thraces grâce à la fabuleuse exposition de bijoux, de vases et d’armes d’or qui a parcouru plusieurs pays.

La plupart de ces objets, trouvailles fortuites ou récompenses de fouilles systématiques, provenaient des grands tombeaux, dernières demeures d’hommes qui croyaient en l’au-delà et en l’union, après la mort, avec le principe divin.

Les tombes souvent très ornées et garnies d’objets précieux étaient recouvertes d’une butte de terre plus ou moins élevée, selon le rang et la richesse du défunt.

Les territoires thraces ont vu ainsi s’édifier des tumuli, dont beaucoup ont disparu au cours des âges.

Il en reste plus de dix mille aujourd’hui qu’on a conservés intacts, et protégés contre les fouilles clandestines.

Tumulus et entrée d’une tombe thrace en Bulgarie

Dans certaines régions ils forment les traits les plus marquants du paysage. C’est le cas notamment tout au long de l’autoroute internationale d’Istanbul, dans la région de Plovdiv.

Un de ces tumuli, dans le département de Stara Zagora, abritait la tombe de Kazanlak, dont les fresques, du 4ème siècle avant notre ère, constituent un épisode capital de l’histoire de la peinture.

Elles représentent principalement un “banquet funèbre” que caractérise l’extrême finesse des figures centrales, le prince et son épouse, et surtout la tendresse et la distinction de leur geste d’adieu.

Non moins remarquables paraissent les parents et les proches du défunt, conducteurs de chevaux, porteurs d’offrandes.

Fresques de la Tombe Kazanlak

Ce monument, d’une valeur exceptionnelle, est au nombre de ceux que l’UNESCO a inscrits sur la Liste du Patrimoine mondial.

Pour lui épargner tout dommage, les services responsables en ont fait exécuter une copie à proximité, à l’intention des milliers de touristes qui visitent la région.

On y trouve, en effet, une vallée fameuse pour son climat si doux qu’on y cultive des champs de Roses Bulgares dont l’essence est très recherchée par les fabricants de parfums.

L’Histoire des Trois Capitales

Dans l’histoire de la nation trois noms de ville gardent une résonance émouvante et quasi sacrée.

Ce sont ceux des capitales que les princes bulgares ont établies au Moyen-Age.

Jean Tzimisces conquérant Preslav et Basil II conquérant Pliska

Pliska d’abord, prodigieux monument de la fondation du premier Etat bulgare en 681, de sa consolidation, de la conversion au christianisme et de l’introduction de l’alphabet cyrillique.

Fondée en 681 par le khan Asparouch, Pliska resta la capitale durant un peu plus de deux siècles.

Vers la fin de cette période, deux événements eurent une influence décisive sur l’avenir du pays – la conversion au christianisme et l’introduction de l’alphabet cyrillique.

Les byzantins (sous l’empereur John Tzimisces) conquièrent la ville de Preslav

Puis Preslav, témoin de l’âge d’or de la culture bulgare, lorsqu’au 10ème siècle s’épanouissent les lettres et les arts sous l’impulsion du roi Siméon.

Preslav devint la seconde capitale de la Bulgarie sous le règne du roi Siméon (893-927) et vit s’épanouir “l’Age d’or” de la culture bulgare.

Après que la ville fut prise et mise à sac, en 971, par l’empereur byzantin Jean Tzimisces, la Bulgarie endura pendant plusieurs décennies la domination de Byzance.

Bulgares tuant des byzantins

Tirnovo enfin, centre de civilisation aux 13ème et 14ème siècles, jusqu’à l’invasion ottomane qui allait subjuguer le pays.

Chacune semble exprimer encore l’esprit de son époque.

Baptême de la cour de Preslav

Pliska, conçue comme un immense camp fortifié enfermant en son centre le palais du khan et le temple de son dieu est massive, austère, majestueuse.

Les énormes blocs de calcaire des murs d’enceinte et des palais évoquent encore la puissance et la noblesse des fondateurs.

Cette volonté de s’affirmer et de durer s’exprime dans ce qui reste de la forteresse et du palais comme dans les inscriptions gravées dans la pierre des colonnes sur l’ordre des khans.

La mémoire devrait vaincre la mort, tel est le message de l’un d’eux, le khan Omourtag – “L’homme, même s’il vit bien, meurt, et un autre voit le jour. Que celui qui est venu au monde plus tard se souvienne…”.

Toute différente, Preslav, que fonda le jeune roi Siméon (893-927) dans les collines doucement arrondies qui bordent la Titcha, fut sans doute imposante.

Mais, plus que des forteresses, les archéologues aiment y retrouver, malgré les pillages qu’elle a subis, une ville de bâtisseurs, de tailleurs de pierre et de sculpteurs, de peintres et de céramistes, d’orfèvres et d’écrivains, chacun de ces métiers et de ces arts témoignant d’une originalité surprenante.

Pour n’en donner qu’un exemple, il semble établi que, pour la première fois en Europe, on a fabriqué à Preslav, au 10ème siècle, une sorte de faïence, destinée surtout à la décoration murale, mais aussi à la vaisselle de luxe.

Mieux encore, les peintres firent des icônes en céramique, la faïence servit de support à l’écriture et l’on a exhumé une fusaïole de terre blanche décorée à l’émail sur laquelle quelqu’un, artisan ou donateur, avait écrit le nom de la jeune fileuse de laine à qui elle était destinée.

“La fusaïole de Lola” paraît indiquer à quel point l’écriture était alors répandue.

Saint Théodore – Icône en céramique

En tout cas Preslav est célèbre dans l’histoire de la culture slave en raison de son école littéraire représentée par des auteurs éminents tels que le Tchernorizetz Khrabar, Jean l’Exarque, Constantin de Preslav et le roi Siméon lui même qui, paraît-il, remplit son palais de livres.

La plupart des ouvrages compilés ou composés à Preslav, à cette époque, étaient religieux, sermons et commentaires de la Bible.

Mais ils contiennent aussi des développements originaux sur des sujets profanes, et quelquefois des textes enthousiastes comme la “la prière alphabétique” de Constantin qui exalte l’importance historique de la conversion des Bulgares.

La Prière alphabétique de Constantin de Preslav

Au 12ème siècle, après plusieurs décennies de domination byzantine, Tirnovo devint la capitale du Deuxième Royaume Bulgare, et le resta jusqu’au jour où elle périt dans les flammes après la conquête ottomane en 1393.

Dans un site fantastique de gorges encerclant des collines abruptes s’éleva une grande ville, très complexe et fortement hiérarchisée jusque dans sa structure architecturale.

Les conflits religieux et politiques y furent fréquents.

Mais des souverains éclairés, protecteurs des arts, ne cessèrent d’encourager le développement de la littérature nationale.

Chronique universelle de Constantin de Manassès

Parmi les rares manuscrits qui ont échappé aux destructions, on doit citer la Chronique de Constantin Manasses, conservée au Vatican, qui contient soixante-neuf magnifiques miniatures, dont vingt et une ont des sujets bulgares.

D’autres chefs d’oeuvres de la peinture d’illustration figurent dans quelques manuscrits du 14ème siècle (Tétraévangile du British Museum, Psautier de Moscou) également célèbres.

Mais de la peinture monumentale de Tirnovo, il ne reste presque rien sur place.

Fresques murales de l’Eglise Boyana

Heureusement les fresques de l’église de Boyana (1259) près de Sofia en suggèrent la grandeur et le raffinement puisqu’elles sont considérées comme des oeuvres de l’école de Tirnovo ou le peintre inconnu qui a laissé des donateurs de Boyana, le prince Kaloyan et sa femme Dessislava, des portraits pleins de charme et de dignité, témoigne par la vie qu’il insuffle aux images traditionnelles, d’un sens dramatique et d’un humanisme insurpassés dans l’Europe du 13ème siècle.

🎥 Voici une vidéo au dessus de la Forteresse Ovech près de Provadia en Bulgarie qui témoigne de la force bâtisseuse des peuples qui ont façonnés le pays

Les refuges de l’esprit

Dès les débuts de l’Etat et en particulier, pendant la domination ottomane, les monastères de Bulgarie ont été le refuge de l’esprit national qui garda ainsi vivantes ses formes d’expression culturelles.

Les moines y enseignèrent en langue bulgare, traduisirent les philosophes grecs et orientaux et jetèrent les bases d’une littérature nationale.

C’est là également que la peinture monumentale bulgare atteignit son apogée à partir du 15ème siècle.

Les fresques des murs et de la voûte du réfectoire du monastère de Batchkovo, datées du 17ème siècle, frappent par leur richesse et leur qualité.

On y trouve une grande variété d’images – scènes de l’Ancien et du Nouveau Testament, portrait de philosophes monothéistes de l’Antiquité et même, chose rare dans la peinture religieuse bulgare, représentation de conciles oecuméniques.

Des monastères au Réveil National

En Bulgarie, la tradition monastique est aussi ancienne que la nation elle-même.

Le premier monastère fut fondé à Pliska par Boris 1er, qui s’y retira à la fin de sa vie.

Et les disciples de Cyrille et Méthode vinrent travailler dans ce même monastère pour enseigner et répandre l’alphabet slave mis au point par leurs maîtres.

Saints Cyrille et Méthode

C’était le début d’une longue tradition – pendant douze siècles les monastères allaient être des foyers culturels.

Preslav affermit et précisa ce noble rôle qui devait revêtir toute son ampleur sous la domination ottomane, chaque monastère devenant alors un haut lieu de l’esprit national, où les Bulgares se sentaient protégés.

Croix du monastère de Rila

Le jour de la fête des grands monastères, les pèlerins venus de tout le pays, à pied, en charrette, à cheval, s’y donnaient rendez-vous.

La population des villes et des campagnes faisait parvenir des offrandes de toute sorte pour contribuer à la décoration des sanctuaires.

C’est le cas du Monastère de Rila, desservi par des moines qui célèbrent le service divin dans l’église et les chapelles où se perpétue le chant religieux bulgare.

Manuscrit de chants – Monastère de Rila

Ce monastère bâti dans la montagne au sud de Sofia, est en même temps un musée national dont les salles d’exposition sont consacrées à des thèmes divers – histoire, activité économique, richesses ethnographiques, collections d’icônes.

Vu de l’extérieur, le monastère fait songer à une puissante forteresse.

La cour, très vaste, est bordée de façades à plusieurs étages que décorent des balcons ornés de sculptures sur bois.

Le centre est occupé par l’église principale, et par une haute tour du 14ème siècle.

Aux étages, entourées par les dortoirs destinés aux hôtes et par les cellules des moines, sont disposées plusieurs chapelles où l’on chante la messe lors de certaines fêtes.

Après Rila, il convient de citer le monastère de Batchkovo qui est à peine moins important.

Fondé en 1083 dans une vallée du Rhodope par le Géorgien Grégoire Pakourian, militaire de haut rang qui, à l’époque de la domination byzantine, fut nommé gouverneur de la contrée, ce monastère a connu une histoire très mouvementée.

Monastère Bachkovo

Il a été à plusieurs reprises détruit, reconstruit, restauré, agrandi.

Au 17ème siècle, lors d’un de ces remaniements, le monastère de Batchkovo a été doté d’un chef-d’oeuvre insolite – les peintures murales du réfectoire.

Ces peintures qui couvrent les murs et la voûte forment une composition d’ensemble où sur un fond de ciel étoile et dans un cadre de guirlandes de verdure, sont représentées des scènes bibliques ainsi que divers personnages de l’Antiquité.

Socrate, Platon et Aristote, par exemple, portent des habits du Moyen-Age, ce qui n’ôte rien à la gravité de leur maintien ni à la noblesse de leurs visages.

Dans la cour, un des murs est orné d’une composition beaucoup plus récente, qui évoque la fête du monastère, célébrée au mois d’août, le jour de la fête de la sainte Vierge.

Il s’agit d’une scène narrative, d’une extraordinaire richesse d’information.

Fresque du monastère de Bachkovo

Le monastère y est représenté, serré entre les contreforts de la montagne.

Tout autour, perchées sur les hauteurs des petites églises et des chapelles sont dédiées à différents saints.

L’entrée principale livre passage à une procession solennelle – en tête, des citoyens de marque portent l’icône miraculeuse de la sainte Vierge.

La procession fera le tour de toutes les églises. Après le clergé, précédé de l’évêque de Plovdiv, s’avancent les moines puis les laïques, citadins et paysans.

L’artiste a rendu avec une précision méticuleuse les détails géographiques du site la rivière, les ponts, le chemin où traînent les retardataires.

Plusieurs figures sont certainement des portraits.

Zacharie Zographe, repésentant de l’art de la renaissance bulgare (1810-1853)

La représentation des détails ethnographiques et des caractéristiques sociales des personnages est typique de l’art du créateur de cette composition – Zacharie Zographe, peintre autodidacte bulgare qui fut l’un des plus doués du milieu du 19ème siècle.

Zacharie Zographe a décoré aussi les deux églises du monastère. Toutes ses compositions témoignent d’une constante préoccupation de critique sociale.

Ainsi dans la scène du Jugement dernier, on reconnaît les portraits d’usuriers de Plovdiv et de leurs hautaines épouses en route pour le four de l’enfer.

Scène du Jugement dernier par Zacharie Zographe

Cependant l’art des peintres de cette époque se borne rarement aux thèmes sociaux.

Les artistes parsèment les murs des églises et des monastères de roses et de rameaux de verdure.

Leurs saints sont vêtus de couleurs claires et les visages resplendissent d’une remarquable fraîcheur.

Le tout est animé d’une vitalité, d’une sorte particulière de gaîté et d’optimisme, qui caractérisent cette époque que les historiens désignent comme celle du Réveil national.

Scène du Jugement dernier par Zacharie Zographe

Depuis près de 500 ans, les bulgares avaient perdu leur indépendance après l’invasion ottomane à la fin du 14ème siècle. Ils avaient enduré les pires épreuves.

Mais ils avaient su préserver leur conscience nationale, leurs traditions, leur foi, leurs modes de vie, et pour finir, ils firent preuve d’une volonté farouche dans la lutte de libération au 19ème siècle, à une époque où la situation sociale et politique avait radicalement changé.

Avant la libération qui succéda à la guerre russo-turque de 1877-1878, les Bulgares allaient vivre une période difficile, dont les pires moments suivirent l’Insurrection d’avril 1876.

Malgré l’héroïsme des combattants, ce soulèvement échoua et fut cruellement réprimé.

Cette répression provoqua dans toute l’Europe l’indignation des esprits éclairés, et la sympathie qu’y gagna la Bulgarie hâta certainement l’avènement de la liberté.

Mais cette liberté avait été longuement préparée par les animateurs du Réveil national.

L’architecture de cette période est, à cet égard, très significative.

Monastère de Bachkovo

Alors que depuis des siècles les occupants ne permettaient de construire que d’humbles églises aussi basses et obscures que possible, on commença dans la seconde moitié du 18ème siècle, grâce à l’affaiblissement graduel de l’empire ottoman, à élever des églises spacieuses et bien éclairées, ornées à l’extérieur de façades attrayantes et à l’intérieur d’iconostases admirablement sculptées.

Souvent, sur ces grands cadres de bois ouvragé, apparaissent au milieu des feuilles d’acanthe et des oiseaux, les figures d’Adam et d’Eve costumés en paysans bulgares, le premier occupé à bêcher la terre, la seconde filant sagement sa quenouille.

Et parmi les saints, Cyrille et Méthode, inventeurs de l’alphabet slave sont toujours représentés en bonne place…

Après la libération, pour des raisons sociales, économiques et politiques, les villes ont évolué très lentement, sans à-coups.

Cette stabilité a permis de conserver l’architecture du Réveil national qu’on entoure aujourd’hui d’une sollicitude particulière.

A Plovdiv, par exemple, sur une des buttes de cette cité particulièrement pittoresque, des quartiers entiers datent du siècles du Réveil.

Les maisons à encorbellement, les façades aux volumes audacieusement articulées forment des ensembles où prédominent le sens de la mesure et l’instinct de la composition.

Des lignes élancées, de l’abondance des ouvertures, des ogives, au-dessus des portes, des ingénieuses combinaisons du bois et du métal, de la profusion des fleurs à toutes les fenêtres, se dégage une fraîcheur qui paraît être le symbole de la sensibilité bulgare au temps de l’espoir.

Ces demeures d’antan, ces rues anciennes, sont animées aujourd’hui de la même vie, du même dynamisme que dans le reste du pays avec les chantiers, les villes neuves et les villages rénovés.

Des villes séculaires

Plus de la moitié des villes de Bulgarie ont au moins cinq mille ans d’âge et sont autant de chroniques de pierre laissées par l’histoire au cours des siècles.

Plovdiv, par exemple, le visiteur rencontre à chaque pas aussi bien des vestiges antiques comme l’amphithéâtre ou le stade que des rues pavées et des maisons à colombage du 18ème siècle datant de l’époque du Réveil national, tous ces témoignages du passé étant soigneusement protégés et mis en valeur au cœur même d’une ville moderne et animée.

Ruines d’une ville Thrace à Plovdiv

Les Thraces, les Grecs, les Romains, les Byzantins, les Génois, tous ont marqué de leur empreinte Nessebar, le port de la mer Noire.

Ses églises la plus ancienne date du 5ème siècle jalonnent chaque étape, ou presque, de l’histoire du christianisme dans cette région.

Eglise du Pantocrator – Nessebar

Les exemples les plus remarquables de cette architecture religieuse sont la grande basilique du 6ème siècle et les églises des 13ème et 14ème siècles, en brique et en tuf, aux arches et aux corniches décorées d’incrustations de céramique.

Une campagne nationale de sauvegarde du patrimoine culturel de la Bulgarie a permis de protéger et de restaurer un grand nombre de villages et de villes.

5 000 ans d’urbanisme

Sur le littoral, les recherches archéologiques sous-marines ont permis de remonter aux origines de la navigation dans la mer Noire et d’identifier les traces des premières villes portuaires.

On a ramené à la surface un grand nombre d’ancres en pierre qui datent de la fin de l’âge du bronze, soit environ 1200 ans avant notre ère.

Les navires thraces exportaient des plaques de cuivre et rapportaient les biens qui devaient enrichir leurs ports d’attache, premiers centres du commerce maritime.

Les colons grecs qui vinrent s’installer sur cette côte au 6ème siècle avant notre ère y trouvèrent donc un chapelet de cités thraces.

Leur langue s’imposa, ils construisirent des théâtres et les ateliers de leurs sculpteurs et de leurs céramistes prospérèrent dans ces villes qui portèrent longtemps des noms grecs.

Orphée, fils du roi de Thrace Oeagre et de la Muse Calliope, était le poète et le musicien le plus célèbre qui n’ait jamais vécu dans l’Antiquité.

Mais on sait que leurs liens avec les Thraces étaient très étroits et qu’ils n’étaient pas seulement commerciaux – les coutumes et les divinités s’échangeaient et se mêlaient ; les fêtes étaient communes.

Ce ne fut que l’une des premières rencontres et interactions culturelles qui devaient donner à ce pays son caractère singulier.

Ces rencontres et cette ancienneté ne sont nullement le privilège des cités côtières – plus de la moitié des villes bulgares ont au moins cinq mille ans d’âge.

Jeune femme Thrace portée la tête d’Orphée – Gustave Moreau

SofiaPlovdivVarna, Nessebar, Stara Zagora, constituent de véritables monuments de l’histoire de l’urbanisme, et, dans bien des cas, il est possible d’explorer leur patrimoine archéologique tel qu’il repose dans le sol, sous les édifices modernes.

Sofia, la capitale, cet héritage forme dix mètres de couches culturelles, concentrées sous la partie la plus animée du centre de la ville.

Le réaménagement de cette zone, gravement éprouvée par les bombardements aériens de la seconde guerre mondiale, a posé avec acuité le problème de la conservation des vestiges archéologiques en milieu urbain.

Dans bien des pays, ce problème suscite des controverses ; en Bulgarie il est dépassé.

Tout monument archéologique mis au jour est intégré à l’environnement moderne.

Ruines conservées dans le métro de Sofia – Station Serdika

Entre les nouveaux bâtiments du Conseil d’Etat et du Conseil des ministres, un passage souterrain longe le mur d’enceinte de la ville antique, avant de franchir la porte Est et de suivre une rue du 6ème siècle où des dalles de marbre portent des inscriptions romaines de 400 ans plus anciennes.

Plus loin, dans un autre passage souterrain, le promeneur peut s’installer à la terrasse d’un café proche d’une petite église médiévale.

Ailleurs, le tramway longe la tour d’angle du mur d’enceinte ; une autre tour est insérée dans les locaux d’un grand magasin.

Une banque en cours de construction a dû céder la moitié de son sous-sol à un ensemble ancien formé par une partie du mur d’enceinte, deux rues du 4ème siècle et les fondations d’une église du 14ème.

Face à cet édifice moderne un vaste espace est réservé aux archéologues, en attendant que les architectes aient établi les plans de conservation des vestiges.

Toutes ces villes cherchent à apporter une solution originale à la conservation de leur patrimoine.

On a mis au jour à Plovdiv (la Trimontium romaine) un amphithéâtre très bien conservé – on y donnera des spectacles.

Le forum, comme il se doit, est une place réservée aux piétons, alors que les vieux remparts sur les collines servent de murs de soutènement pour des quartiers du 19ème siècle.

Rue piétonne et Stade antique Philippopolis de Plovdiv

A Stara Zagora (l’ancienne Augusta Trajana), des habitations néolithiques sont englobées dans un musée nouvellement construit ; un quartier comportant des thermes, un amphithéâtre et des rues antiques demeurera en partie intact, comme musée de plein air, et en partie recouvert ou signalé par des marquages sur le pavement dans de nouveaux immeubles.

Varna (antique Odessos) conserve des îlots archéologiques entiers dans ses nouveaux quartiers, et de nombreux éléments du plan gréco-romain doivent encore s’intégrer aux rues et aux places modernes.